LE LATIN VULGAIRE  (jusqu’au II s.)
Des tranformations, qui ne sont pas visibles dans la langue littéraire, manifestent une tendance à l’affaiblissement articulatoire.
LE BOULEVERSEMENT DU SYSTEME VOCALIQUE
Les voyelles accentuées:
En latin classique, les voyelles, brèves ou longues, n’ont pas une différence de timbre ayant une valeur phonologique. Mais les brèves ont tendance à être prononcées plus ouvertes, les longues plus fermées. Une évolution continue fait disparaître la valeur distinctive des différences de longueur, alors que les différences de timbre se phonologisent.

ī > i
ĭ, ē > e fermé
ĕ > e ouvert
ă, ā > a
ŏ > o ouvert
ō, ŭ > o fermé
ū > u
Les diphtongues:
Elles tendent à se réduire:
ae passe à ĕ (e bref) – caelum > kĕlo
oe passe à ē (e long) – poenam > pēna
Mais au reste:
causam > chose; si au avait donné o avant la palatalisation de k devant a, on aurait *queuse.
PERTE DE SYLLABES
Chute de voyelles à  l’intérieur d’un mot (syncopes):
Il s’agit des syllabes faibles (protonique contrefinale et posttonique pénultième). Les plus anciennes syncopes ont lieu à coté d’un l ou un r:
vetulus > vetlus; viridem > verde,
mais on en trouve aussi près d’une dentale:
positum > postu; dominum > domnu
Contraction de voyelles en hiatus:
mihi > mi; prehendere > prendere
Consonnification de voyelles:
i et e en hiatus devant voyelle donnent yod:
valeat > valyat;  filiolum > filiyolu
MODIFICATION DES CONSONNES
L’aspiration:
Le h latin ne se prononçait pas dans le langage courant, c’était une affectation. Il avait même disparu dans les mots grecs:
porphura > purpura
Réduction ou assimilation de groupes de consonnes:
x [ks] > s devant consonne – sextus > sestus
rs > ss – persicam > pessica
ns > s – mensem > mese
pt > tt – septem > *sette, etc.
Tendances à la chute des consonnes finales:
m final tombe dans les polysyllabes. Dans les monosyllabes il se conserve assez bien – rem > rien, mais – iam > ja
s final reste en Gaule et en Espagne, où le latin est plus cultivé qu’en Italie.
c final après voyelle tombe – sic > si

EVOLUTION du IIe au IV siècle (époque gallo-romaine)

Le latin devient en Gaule la seule langue de prestige, la langue de l’administration, le symbole et la garantie de la paix sociale. Il est parlé avec fermeté, parfois avec exagération. La prospérité relative provoque le renforcement de l’énergie articulatoire.

PALATALISATIONS:
le  point d’articulation de certaines consonnes tend à se fixer vers l’avant du palais où la langue vient se coller: les dentales (t, d, n, l) reculent, les vélaires (k, g) avancent.

Palatalisation de [k] et [g] qui deviennent [ʨ ] et [ʥ ]
– devant consonne (factum, flagrare)
– initiales ou après consonne devant a, e, i (centum, mercedem, gentem, argentum)
– intervocalique devant a, e, i (placare, regem, pacare, laxare)

Renforcement de iod initial en d͡ʒ :
iam > ja

Palatalisation des consonnes devant iod venant de e ou i latin entre consonne et voyelle:
rationem, radium, montaneam

AUTRES RENFORCEMENTS DES CONSONNES:
les constrictives initiales germaniques anormales pour les Gaulois, deviennent occlisives par renforcement:
θ  > t
θaryan > tarir
x  > k
Hlodwig > Clovis
w > gw
want > gwant (plus tard gant)

A suivre:
Consonnes finales – e paragogique
Prosthèse
Epenthèse

DIPHTONGAISON SPONTANEE de e bref et de o bref libres